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08/09/2008

Dernières optimisations pour Groupe Bel

Vendée Globe oblige, Kito et son équipe ont passé un été studieux. Le 9 novembre, le skipper de Groupe Bel s'élance des Sables d'Olonne pour son premier tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. La concurrence sera rude et les 30 concurrents fourbissent actuellement leurs armes pour être prêts le jour J.

Au chantier de Port Camargue, on mouille sa chemise. La chaleur  transforme le monocoque rouge en véritable fournaise mais l’équipe est dans les temps et garde la cadence : « Le travail porte sur des détails qui, comme on le sait, font la différence mais demandent énormément d’attention. Désormais, tout va aller très vite avant le grand départ de novembre. »

Cet été Kito à également renoué avec la compétition sur les 1000 Milles Brittany Ferries. Avec son ami Bruno Jourdren, ils ont remporté cette course réservée à la Class 40. C’est donc confiant que Kito peaufine sa préparation avant son tour du monde.

Kito, qu’elle est la première chose qui te viens à l’esprit quand tu penses à ton Vendée Globe ? « Qu’est ce que j’oublie ... ? Vous allez rire mais c’est terrible. On a fait des listes et des listes. Impossible d’embarquer tout le matériel en double alors il faut choisir, au risque de se tromper, la course commence là aussi. »

Pas de pression alors ?
« J’ai celle de tous ceux qui croient en moi et c’est parfois lourd à porter mais je n’ai pas d’appréhension liée à la course. Je suis bien entouré et j’ai confiance en mon bateau. A moi d’être à sa hauteur et de rester performant sur l’ensemble du parcours. Je suis novice donc j’ai sûrement moins conscience des difficultés qui m’attendent que ceux qui l’ont déjà fait. Certains y retournent, d’autres pas, on verra comment je passe l’épreuve.»

Groupe Bel sera remis à l'eau mi septembre à Port Camargue pour quelques dernières navigations de test avant de  se rendre aux Sables d'Olonne où tous les concurrents sont attendus le 18 octobre.

22/08/2008

Premiers bords de rentrée

Je prends samedi le départ des 1000 Milles de la Brittany Ferries en tant qu'équipier de mon ami Bruno Jourdren, skipper du Class 40 Lord Jiminy. Une occasion de renouer avec la compétition par une jolie « ballade » d'une semaine entre la France, l'Angleterre et l'Espagne.

Suite à ma fracture du péroné gauche en avril, j'avais dû renoncer à The Artemis Transat. Même si j'ai accumulé les milles à bord de mon monocoque pour visiter les filiales du Groupe Bel en Europe, je n'ai pas couru depuis Noël dernier. C’est donc l’occasion de gagner une « petite » course, avant de gagner la grande !!!

Pendant ce temps, l’équipe technique de Groupe Bel ne chôme pas. Le chantier avance bien. Nous attendons avec impatience la fin des vacances (des autres) pour recevoir les diverses pièces commandées et mettre le dernier coup de collier avant la mise à l’eau programmée le 15 septembre. La bonne nouvelle est que nous n’avons pas eu de mauvaise surprise au démontage du bateau. Notre seul gros chantier d'optimisation est la modification du volume du bulbe de quille, sinon le travail porte sur des détails qui, comme on le sait, font la différence mais demandent énormément d’attention. Désormais, tout va aller très vite avant le grand départ de novembre.

Kito

20/06/2008

Groupe Bel à bon port

Bonjour,

4 jours et 4 nuits , c'est le temps qu'il m'aura fallu pour rallier Tanger à Port Camargue. Le tout en solo, ce qui n'est pas simple en Méditerranée avec le trafic intense et les caprices de la météo. Cette dernière m'a offert des conditions tres variees, de la petole, du vent fort, du reaching et beaucoup de louvoyage au portant et au près.

Bref, beaucoup de manœuvres pour sortir toute la garde robe de la vache qui rit !!! et... elle est coquette.... !

Une bonne reprise donc, enrichissante et encourageante. Et le bilan technique de ces 2 mois de navigations est excellent puisque nous n'avons pas décelé de problème majeur et les améliorations apportées à Groupe Bel semblent efficaces.

La deuxième phase de préparation en vue du Vendée Globe va pouvoir démarrer...

A suivre

Kito

16/06/2008

Retour en Méditerranée - Dimanche 15 juin au large d'Alméria

Notre petite escapade marocaine se termine. Hier matin, Groupe Bel a quitté le port de Tanger, salué par nos hôtes Marocains qui ont tenus à nous offrir en guise d'au revoir leurs costumes traditionnels et les babouches.
C'est ainsi déguisé que j'ai largué les amarres, seul, pour un convoyage jusqu'à Port Camargue, laissant à Brice et Hervé le soin de rapatrier le camion chargé de cadeaux.

Ce séjour à Tanger fut mémorable. L'accueil que nous avons reçu lors de notre visite à l'usine fut incroyable : tapis, haie d'honneur, musiciens, costumes traditionnels, acclamations, hystérie générale lorsque je déambulais parmi les machines. Bref, la fête pour m'sieur Kito.

De notre coté, nous n' étions pas en reste puisque nous avons reçu à bord plus de 500 employés de Fromageries Bel Maroc dont la préoccupation principale était de prendre une photo aux cotés de leur nouveau héros.
Je ne sais combien de photos ont été prises en une semaine mais cela doit se compter en million...

Me voila donc en mer, enfin seul, pourrais je dire car cela ne m'était pas arrivé depuis la Transat BtoB en décembre dernier.
Ma jambe en voie de guérison, devrait me permettre de retrouver mes sensations de solitaire pendant ce convoyage de 4 à 5 jours.
Les conditions météo sont plutôt paisibles mais peu favorables puisque c'est au louvoyage dans des petits airs que j'essaie de m'extraire de la mer d'Alboran. Cela devrait se muscler un peu avec le passage d'une dépression sur les Baléares...

 

A bientôt
kito

02/06/2008

En route vers le Maroc

Après une petite semaine à Breskens aux Pays Bas où nous avons rendu visite à la filiale hollandaise de Bel (merci à John, Mark et Caroline qui nous ont admirablement reçus), nous voilà de nouveau en mer en direction du Maroc.

Nous, c'est Brice, le boat-Captain, Groupe Bel, le bateau et moi kito, skipper du bateau. Hervé, lui, est sur la route avec le camion plein de matériel et "Little Boudin"* derrière en direction de Port Camargue puis Tanger (ca fait une trotte!!!) j'avais prévu de faire ce convoyage Breskens/Tanger en solitaire pour parfaire ma préparation au Vendée Globe mais l'aller m'a convaincu que la navigation en Manche et en Mer du Nord était trop périlleuse (cargos, bancs de sable, mauvaise visibilité, multitude de bouées de toute sorte, …) pour s'y risquer en solo.

Donc, Brice et moi pouvons assurer une veille permanente et cela me permet de manœuvrer sans craindre l'accident.

De plus, ma cheville pas encore totalement réparée me fais encore souffrir, et je dois faire attention encore quelques semaines, mais ça va mieux...

Ces 2 premières journées ont été plutôt paisibles, presque trop, car le vent, tout comme le soleil, se font rares.
Nous devrions atteindre Ouessant en début de matinée de ce lundi et allonger la foulée vers le Cap Finisterre.
Quant à Tanger, nous prévoyons déjà notre ETA dimanche prochain apres 8 jours de navigation...

Bonne semaine à tous

tchiiiiiiiiiiiizz

kito

* "little Boudin" n'étant que le nom du pneumatique qui nous aide aux manœuvres de port du gros bateau et aussi un peu de transport à passage.

 

26/05/2008

Petit bilan de the Artémis Transat

Loïck Peyron a remporté la transat. Brillamment devant Armel le Cléac’h et Yann Eliés qui se sont quelques peu rassurés après une année 2007 peu enthousiasmante.


Rien d’étonnant à cela, il était l’un des grands favoris, il dispose d’un bateau très performant, très bien préparé par une solide équipe technique, la plus structurée et surtout , il a le talent et l’expérience, depuis 30 ans qu’il court les océans avec la réussite que l’on sait. 3 victoires, cela force le respect .


Mais on oublierait un peu vite que la concurrence a vite laché prise. Marc Guillemot se blesse dès les premiers jours et se met sur un mode convoyage, Michel Desjoyeaux casse sa dérive et rentre a la maison, Sébastien Josse casse le rail de GV et abandonne et enfin Vincent Riou abandonne son PRB , quille cassée. Et tous, étaient devant Loïck au moment de leurs avaries…
Alors , bien sur, la réussite fait partie des qualités qui font les grands champions mais cette réussite est volatile. En 2007, de mai a novembre, c’est Mich’ Dej’ qui remportaient toutes les régates aux quelles il participait avec brio (Trophée SNSM, solitaire du figaro, Clairefontaine, Transat Jacques Vabre, excusez du peu) de décembre à mai c’est donc Loïck qui impressionne son monde en gagnant coup sur coup la transat B to B, le Trophée Petit Navire et the transat sans compter quelques exploits sur le lac en catamaran.
Il est clair que ces 2 là auront la faveur des pronostics pour le prochain Vendée Globe ainsi que tous les coureurs ayant un plan Farr entre leurs mains (depuis 3 ans , ils ont tout gagnés en IMOCA) mais…
N’oublions pas que nous n’avons observé sur cette transat qu’une petite moitié des concurrents de ce prochain Vendée Globe, que de nombreux prétendants affutent leur armes et que, ces derniers temps, les seuls bateaux ayant contestés la hiérarchie actuelle et supposée s’appellent ECOVER, SAFRAN et GROUPE BEL.
A qui le tour d’imposer sa recette miracle ?

Réponse en février 2009 aux Sables d’Olonne

Kito de Pavant

22/05/2008

Accident mortel pour un pèlerin au sud de la nouvelle écosse.

De Kito de Pavant.


Il n’avait surement pas 3 verres dans le nez mais certainement pas respecté non plus les poses régulières conseillées par la sécurité routière mais, pour  découper un requin en 2, Vincent Riou n’y est pas allé de main morte et les dégâts collatéraux sont énormes. D’abord pour le requin, qui n’ira pas «  je ne sais ou » en pèlerinage et pour PRB, laissé à l’abandon par son skipper, quille à moitié arrachée et qui, après quelques jours au gré des vagues levée par la dépression, aura sans doute mauvaise mine quand l’équipe technique va le retrouver si il n’a pas été la proie de quelque pirate malintentionné. La note pourrait être salée alors que tout abondait dans le sens de la réussite pour les hommes en orange.

Il y avait déjà le vent, les tempêtes, les vagues , la solitude, les icebergs, les avaries, l’adversité et maintenant voilà que la nature nous rappelle à l’ordre, que la faune aquatique , qui a déjà bien du mal à s’adapter à la prolifération de nos immondices (dont nos bateaux….), nous indique que malgré tout, baleines , dauphins, globicéphales, orques et requins sont bien présents et n’ont pas l’intention de nous laisser en paix.

Il n’y a pas loin de nous faire des ennemis de la SPA et de Greenpeace…

Cela dit, ces accidents entre  bateaux de course et monstres marins ne datent pas d’hier. On se souvient du Calmar (canular?) géant d’Olivier De Kersauson sans conséquence  et peut être moins de la baleine qu’avait heurté Jean Le Cam pendant sa qualification à la route du Rhum 2002 et qui avait déchiré la coque centrale du trimaran.

Nos engins vont de plus en plus vite, ne déplacent que très peu d’eau et avancent sans bruit (encore que ce n’est pas évident vu de l’intérieur). Toujours est-il que les animaux marins n’ont pas toujours le temps ou les bons reflexes pour nous éviter.
 Et c’est  sans  doute  à nous de trouver des solutions  pour améliorer la situation et éviter de blesser nos animaux préférés, et nos jolis bateaux…


Kito de PAVANT

21/05/2008

La manœuvre du virement de bord

C’est la plus élémentaire, celle qui est apprise dans toutes les écoles de voile dès la première journée à tous les pratiquants du monde entier. Et pourtant, cette manœuvre, que chaque concurrent de cette transat a  déjà effectué plus d’un million de fois dans sa vie sur tout type de bateaux, reste l’une des plus difficiles à réussir en solitaire sur un IMOCA 60’.

Le vent a tourné, le front est passé, la bascule  à droite a eu lieu, il faut en profiter pour raccourcir la route et réduire l’angle de remontée au vent. On  navigue bâbord amure par 25 nœuds  de vent réel  sous trinquette et 2 ris dans la GV, La mer est chaotique.

 
Paré à virer ?

1/ Le ballast avant bâbord (qui sert avant tout a empêcher l’étrave du bateau des trop se soulever et cogner trop fort en retombant dans les vagues) est plein, il faut soit le vider soit le transférer (recommandé) cela peut prendre une dizaine de minutes selon les bateaux.

2/ Descendre la dérive au vent, c’est plus facile que de le faire après (la plupart des 60’ ont 2 dérives asymétriques, ce n’est pas pas le cas des 40’ ni d’AKENA et de CERVIN).

3/ Préparer la manœuvre, checker que rien ne coince devant, que les écoutes sont claires.

4/ Préparer les bastaques, il va falloir choquer la bastaque bâbord et reprendre la tribord après le virement.

5/ Libérer la rotation du mat (pour ceux qui ont un mat aile tournant comme PRB, CERVIN, AVIVA ou groupe Bel).

6/ Choquer un peu d’écoute de GV ou de chariot ou de hale-bas (selon le bateau) ou bien un peu des 3 en prévisions de la sortie de virement.

7/ Configurer le pilote automatique en mode "TACK".

8/ Qui vous demande: "are you sure you want to tack"

9/ Si vous êtes prêt, mais seulement si, répondre YES.

10/ En répondant Yes, vous avez déclenché le virement de bord, à savoir la rotation du bateau et c’est là que vous rêvez de 2 choses : avoir à bord un équipage de 12 équipiers baraqués pour vous aider ou bien de ressembler à une pieuvre avec 20 tentacules pour gérer le bouzou !!!!!!!

11/ Mais en fait vous n’avez pas le temps de rêver à tout ça mais seulement quelques secondes pour effectuer 10 choses à la fois.

12/ En répondant Yes, vous n’avez surtout pas oublier d’appuyer sur le bouton Tack du système de contrôle du système  hydraulique de quille qui va la faire passer automatiquement de bâbord vers tribord pendant que vous vous occupez du reste. Notez que cette manœuvre est la seule autorisée à être automatisée mais que certains anciens 60’ avaient des palans pour actionner la quille et que d’autres, comme AKENA ou CERVIN , ainsi que tous les 40’ n’ont pas de quilles basculantes (quilles fixes).

13/ Simultanément, vous devez choquer l’écoute tribord de trinquette, choquer la bastaque bâbord, border la bastaque tribord, border l’écoute de trinquette qui va battre violemment pendant quelques secondes qui se doivent d’être les moins nombreuses possible.

14/ La priorité est la tenue du mat donc la bastaque que l’on souque au max pour tendre l’étai.

15 / Avant de reprendre de la vitesse, on remonte la dérive au vent (tribord) et on règle le niveau de dérive sous le vent.

16 / On règle l’orientation du mat.

17/ on règle  la trinquette et la GV

18/ On ajuste le pilote pour reprendre la vitesse optimale.

19/ On souffle un peu avant de rentrer dans le bateau pour la tache la plus ingrate qui reste à faire :Matosser  Il faut passer tout le matériel (matos) de bâbord à tribord, plus de 400kg de voiles , de matériel de sécurité, d’outillage, de pièces de rechange, de bouffe , de fringues, etc. le bateau qui fait plus de 5m de large , gite à + 20° et cogne dans les vagues.

20/ En sueur, vous vérifier que le ballast avant tribord est plein  et vous espérez que le vent va rester stable quelques heures pour vous éviter de recommencer la manœuvre dans 5mn.

21/ Vous soufflez, buvez et vérifiez la route du bateau et les dangers aux alentours.

Celui la s’est bien passé mais il faut tellement peu de choses pour que cela se passe moins bien et que le bateau s’arrête, refuse de virer, se mette à contre, ou que, fatigué, vous ayez oublié de basculer la quille ou fermer la vanne de ballast pour que cette manœuvre devienne un vrai calvaire avec le bateau couché à 90° et la, les miles que vous aviez patiemment gagnés, soient perdus à jamais dans cette manœuvre de base…

Et des virements de bord, il va falloir en faire combien pendant cette Transat ?

 

Kito De Pavant

 
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