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26/05/2008

Petit bilan de the Artémis Transat

Loïck Peyron a remporté la transat. Brillamment devant Armel le Cléac’h et Yann Eliés qui se sont quelques peu rassurés après une année 2007 peu enthousiasmante.


Rien d’étonnant à cela, il était l’un des grands favoris, il dispose d’un bateau très performant, très bien préparé par une solide équipe technique, la plus structurée et surtout , il a le talent et l’expérience, depuis 30 ans qu’il court les océans avec la réussite que l’on sait. 3 victoires, cela force le respect .


Mais on oublierait un peu vite que la concurrence a vite laché prise. Marc Guillemot se blesse dès les premiers jours et se met sur un mode convoyage, Michel Desjoyeaux casse sa dérive et rentre a la maison, Sébastien Josse casse le rail de GV et abandonne et enfin Vincent Riou abandonne son PRB , quille cassée. Et tous, étaient devant Loïck au moment de leurs avaries…
Alors , bien sur, la réussite fait partie des qualités qui font les grands champions mais cette réussite est volatile. En 2007, de mai a novembre, c’est Mich’ Dej’ qui remportaient toutes les régates aux quelles il participait avec brio (Trophée SNSM, solitaire du figaro, Clairefontaine, Transat Jacques Vabre, excusez du peu) de décembre à mai c’est donc Loïck qui impressionne son monde en gagnant coup sur coup la transat B to B, le Trophée Petit Navire et the transat sans compter quelques exploits sur le lac en catamaran.
Il est clair que ces 2 là auront la faveur des pronostics pour le prochain Vendée Globe ainsi que tous les coureurs ayant un plan Farr entre leurs mains (depuis 3 ans , ils ont tout gagnés en IMOCA) mais…
N’oublions pas que nous n’avons observé sur cette transat qu’une petite moitié des concurrents de ce prochain Vendée Globe, que de nombreux prétendants affutent leur armes et que, ces derniers temps, les seuls bateaux ayant contestés la hiérarchie actuelle et supposée s’appellent ECOVER, SAFRAN et GROUPE BEL.
A qui le tour d’imposer sa recette miracle ?

Réponse en février 2009 aux Sables d’Olonne

Kito de Pavant

22/05/2008

Accident mortel pour un pèlerin au sud de la nouvelle écosse.

De Kito de Pavant.


Il n’avait surement pas 3 verres dans le nez mais certainement pas respecté non plus les poses régulières conseillées par la sécurité routière mais, pour  découper un requin en 2, Vincent Riou n’y est pas allé de main morte et les dégâts collatéraux sont énormes. D’abord pour le requin, qui n’ira pas «  je ne sais ou » en pèlerinage et pour PRB, laissé à l’abandon par son skipper, quille à moitié arrachée et qui, après quelques jours au gré des vagues levée par la dépression, aura sans doute mauvaise mine quand l’équipe technique va le retrouver si il n’a pas été la proie de quelque pirate malintentionné. La note pourrait être salée alors que tout abondait dans le sens de la réussite pour les hommes en orange.

Il y avait déjà le vent, les tempêtes, les vagues , la solitude, les icebergs, les avaries, l’adversité et maintenant voilà que la nature nous rappelle à l’ordre, que la faune aquatique , qui a déjà bien du mal à s’adapter à la prolifération de nos immondices (dont nos bateaux….), nous indique que malgré tout, baleines , dauphins, globicéphales, orques et requins sont bien présents et n’ont pas l’intention de nous laisser en paix.

Il n’y a pas loin de nous faire des ennemis de la SPA et de Greenpeace…

Cela dit, ces accidents entre  bateaux de course et monstres marins ne datent pas d’hier. On se souvient du Calmar (canular?) géant d’Olivier De Kersauson sans conséquence  et peut être moins de la baleine qu’avait heurté Jean Le Cam pendant sa qualification à la route du Rhum 2002 et qui avait déchiré la coque centrale du trimaran.

Nos engins vont de plus en plus vite, ne déplacent que très peu d’eau et avancent sans bruit (encore que ce n’est pas évident vu de l’intérieur). Toujours est-il que les animaux marins n’ont pas toujours le temps ou les bons reflexes pour nous éviter.
 Et c’est  sans  doute  à nous de trouver des solutions  pour améliorer la situation et éviter de blesser nos animaux préférés, et nos jolis bateaux…


Kito de PAVANT

21/05/2008

La manœuvre du virement de bord

C’est la plus élémentaire, celle qui est apprise dans toutes les écoles de voile dès la première journée à tous les pratiquants du monde entier. Et pourtant, cette manœuvre, que chaque concurrent de cette transat a  déjà effectué plus d’un million de fois dans sa vie sur tout type de bateaux, reste l’une des plus difficiles à réussir en solitaire sur un IMOCA 60’.

Le vent a tourné, le front est passé, la bascule  à droite a eu lieu, il faut en profiter pour raccourcir la route et réduire l’angle de remontée au vent. On  navigue bâbord amure par 25 nœuds  de vent réel  sous trinquette et 2 ris dans la GV, La mer est chaotique.

 
Paré à virer ?

1/ Le ballast avant bâbord (qui sert avant tout a empêcher l’étrave du bateau des trop se soulever et cogner trop fort en retombant dans les vagues) est plein, il faut soit le vider soit le transférer (recommandé) cela peut prendre une dizaine de minutes selon les bateaux.

2/ Descendre la dérive au vent, c’est plus facile que de le faire après (la plupart des 60’ ont 2 dérives asymétriques, ce n’est pas pas le cas des 40’ ni d’AKENA et de CERVIN).

3/ Préparer la manœuvre, checker que rien ne coince devant, que les écoutes sont claires.

4/ Préparer les bastaques, il va falloir choquer la bastaque bâbord et reprendre la tribord après le virement.

5/ Libérer la rotation du mat (pour ceux qui ont un mat aile tournant comme PRB, CERVIN, AVIVA ou groupe Bel).

6/ Choquer un peu d’écoute de GV ou de chariot ou de hale-bas (selon le bateau) ou bien un peu des 3 en prévisions de la sortie de virement.

7/ Configurer le pilote automatique en mode "TACK".

8/ Qui vous demande: "are you sure you want to tack"

9/ Si vous êtes prêt, mais seulement si, répondre YES.

10/ En répondant Yes, vous avez déclenché le virement de bord, à savoir la rotation du bateau et c’est là que vous rêvez de 2 choses : avoir à bord un équipage de 12 équipiers baraqués pour vous aider ou bien de ressembler à une pieuvre avec 20 tentacules pour gérer le bouzou !!!!!!!

11/ Mais en fait vous n’avez pas le temps de rêver à tout ça mais seulement quelques secondes pour effectuer 10 choses à la fois.

12/ En répondant Yes, vous n’avez surtout pas oublier d’appuyer sur le bouton Tack du système de contrôle du système  hydraulique de quille qui va la faire passer automatiquement de bâbord vers tribord pendant que vous vous occupez du reste. Notez que cette manœuvre est la seule autorisée à être automatisée mais que certains anciens 60’ avaient des palans pour actionner la quille et que d’autres, comme AKENA ou CERVIN , ainsi que tous les 40’ n’ont pas de quilles basculantes (quilles fixes).

13/ Simultanément, vous devez choquer l’écoute tribord de trinquette, choquer la bastaque bâbord, border la bastaque tribord, border l’écoute de trinquette qui va battre violemment pendant quelques secondes qui se doivent d’être les moins nombreuses possible.

14/ La priorité est la tenue du mat donc la bastaque que l’on souque au max pour tendre l’étai.

15 / Avant de reprendre de la vitesse, on remonte la dérive au vent (tribord) et on règle le niveau de dérive sous le vent.

16 / On règle l’orientation du mat.

17/ on règle  la trinquette et la GV

18/ On ajuste le pilote pour reprendre la vitesse optimale.

19/ On souffle un peu avant de rentrer dans le bateau pour la tache la plus ingrate qui reste à faire :Matosser  Il faut passer tout le matériel (matos) de bâbord à tribord, plus de 400kg de voiles , de matériel de sécurité, d’outillage, de pièces de rechange, de bouffe , de fringues, etc. le bateau qui fait plus de 5m de large , gite à + 20° et cogne dans les vagues.

20/ En sueur, vous vérifier que le ballast avant tribord est plein  et vous espérez que le vent va rester stable quelques heures pour vous éviter de recommencer la manœuvre dans 5mn.

21/ Vous soufflez, buvez et vérifiez la route du bateau et les dangers aux alentours.

Celui la s’est bien passé mais il faut tellement peu de choses pour que cela se passe moins bien et que le bateau s’arrête, refuse de virer, se mette à contre, ou que, fatigué, vous ayez oublié de basculer la quille ou fermer la vanne de ballast pour que cette manœuvre devienne un vrai calvaire avec le bateau couché à 90° et la, les miles que vous aviez patiemment gagnés, soient perdus à jamais dans cette manœuvre de base…

Et des virements de bord, il va falloir en faire combien pendant cette Transat ?

 

Kito De Pavant

17/05/2008

Regard sur The Transat : Du baston jusqu’à Boston…

Une fois n’est pas coutume, le vent portant et faible aura régné durant toute la première semaine de course  depuis Plymouth. Mais les choses devraient revenir « à la normale » dès samedi avec le retour de la circulation des dépressions d’ouest en est au dessus de la route des concurrents. Et donc le retour du vent fort et contraire et ce, vraisemblablement jusqu’à l’arrivée à Boston.


Cette première semaine aura donc été marquée par la pétole, mais, malgré ce que le néophyte pourrait penser, ce ne sont pas des conditions de tout repos pour les solitaires. Si les bateaux et les estomacs des skippers sont épargnés, les méninges, eux, sont à plein régime et  manœuvres et réglages sont incessants. La faible brise est aléatoire et le moindre changement de son intensité ou sa direction demande au régatier des modifications du jeu de voile ou de la trajectoire. Les différenties de vitesse entre les bateaux peuvent aller du simple au double avec plus ou moins  1 nœud de « True wind speed ».Dans ces conditions, aucune possibilité de se reposer correctement et seules les micros siestes de 10mn sont autorisées  sous peine d’être distancé irrémédiablement. Mais la plupart des marins en course connaissent bien  la donne puisque tous, sauf Dee et Steve, ont  couru la Solitaire du Figaro. C’est d’autant plus difficile que le calme apparent appelle le sommeil qui est interdit en pareille circonstance. Et comme c’est souvent le cas, les premiers dans la pétole seront les premiers à toucher des conditions meilleures.


Il faut être fort mentalement pour se battre sur l’eau pour profiter du moindre souffle. Comment savoir si le voisin n’a pas un vent plus soutenu, si la voile que l’on vient d’envoyer est la bonne, la trajectoire que l’on suit nous amène pas dans une bulle sans vent ?
Bref, vivement la brise et les vagues qui vont avec pour se reposer !!!!


Eh bien, ça ne devrait pas tarder, le vent de SW va rentrer, 25 nœuds moyen et puis les dépressions, nées aux USA, vont commencer à re-circuler sur l’Atlantique en longeant Terre neuve au nord de la route directe empruntée par les concurrents dictée par l’ « ice gate » imposée par la direction de course. La direction du vent restera de secteur ouest pendant toute une semaine au moins et ce sont des conditions beaucoup moins confortables que vont rencontrer les marins. Les coups de vent vont se succéder et il va falloir gérer le matériel, profiter au mieux de chaque bascule, matosser, ballaster, prendre des ris, changer les voiles d’avant,etc.
Dernière difficulté, le Gulf Stream qui va ralentir les bateaux.


La situation en 60’ est assez simple : Marco Guillemot, courageux, mais out à cause de sa blessure et Mich’ Dej’, de retour vers la maison, ont clairsemés le rang des vainqueurs potentiels. Reste Jojo, en pleine forme et en avance, Vincent le terrible sur la même route, Loïck en embuscade pas loin, Yann auteur d’un joli début de course mais trop décalé au nord et Armel, en qualif, donc prudent.
Derrière, la deuxième division  se livre et va se livrer à une belle bataille toute aussi intéressante que devant même si les écarts entre les 2 groupes vont se creuser inexorablement.


Chez les 40’, la flotte est toujours compacte et devront patienter encore un peu pour sortir des petits airs. Giovanni, qui a un super bateau, va devoir s’employer pour  imposer son rythme.


C’est finalement pour ces 2 derniers groupes que le black out proposé par les organisateurs devrait révéler le plus de surprises et de chamboulement…


Kito De Pavant 

14/05/2008

Regard sur The Transat.

Bonjour à tous,
 
De retour dans le sud, j'ai pris le temp de regarder la situation de the transat et le classement.
 
Depuis le départ, il n'y a pas beaucoup de surprise puisque tous les favoris se retrouvent aux avants postes sauf Marc Guillemot qui s'est blessé dans une sortie de piste, comme quoi ce n'etait pas si simple que cela malgrè de bonnes conditions.
 
Les écarts se sont resserrés et les 2 prochaines journées vont être décisives pour la suite de la course.
Le vent va mollir, beaucoup, et le différentiel de vitesse entre les bateaux sera plus sensible selon les variations imprévisibles du peu de vent dans la dorsale anticyclonique. Cela va rappeler à certains les incertitudes d'un "Pot au noir", tant la situation méteo est complexe.
La fin de semaine sera marquée par le retour à la normale sur cette transat, à savoir du vent contraire et des allures de près mais les marins resteront épargnés et les conditions ne devraient pas trop se dégrader.. du moins, je l'espère pour eux.

kito de pavant

 
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